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Au Sommet

16 janvier 2012

J’ai la chance d’être Gaspésienne. J’ai grandi entre mer et montagnes. Et j’y retourne aussi souvent que possible. C’est donc dans la Baie-des-Chaleurs que nous avons passé le temps des Fêtes. Après les festins de Noël, nous sentons toujours le devoir de bouger un peu.

Une journée de raquette dans le Parc national de la Gaspésie est maintenant coutume. Lors du premier Noël de l’Amoureux dans ma famille il y a trois ans, je ne tenais plus en place à l’idée de lui dévoiler ce coin de paradis. Il faut compter environ une heure trente (selon les conditions routières) pour se rendre au cœur du Parc à partir de New Richmond.

J’avais hâte de voir les yeux de l’Amoureux s’illuminer au sommet du mont Olivine, que j’avais sélectionné selon le degré de difficulté et la vue qui nous attend. Le sentier pour s’y rendre est considéré comme intermédiaire et s’étend sur 8,6 km à partir du stationnement du Ruisseau‑Isabelle (12 km à partir du Centre de découverte et de services), qui prennent environ deux heures et demie à monter et 45 minutes à descendre.

Les conditions météorologiques en montagnes ne sont jamais coulées dans le béton. Les prévisions météo peuvent laisser présager un beau soleil, mais une fois au sommet, on se retrouve au beau milieu des nuages. C’est ce qui nous est arrivé le jour venu de l’ascension. Nous nous sommes fiés aux prévisions pour déterminer la journée de randonnée, entre la dinde et les soirées de cartes. Malheureusement, nous n’avons pas été choyés par la plus belle vue, mais nous avons tout de même eu beaucoup de plaisir.

La dernière montée n’est pas si éprouvante et les arbres givrés en valent la chandelle.

Nous avons dégusté notre lunch en quatrième vitesse au sommet, en essayant de nous cacher derrière un arbre minuscule qui a déployé toute son énergie pour pousser dans un endroit aussi peu propice à la végétation. Je croyais que j’allais perdre mes doigts. Vous pardonnerez l’Amoureux de ne pas avoir pris beaucoup de photos. Toute cette persévérance dans l’espoir que le nuage se déplacerait au gré du vent… Nous avons aperçu le sommet du mont Albert à quelques reprises pendant quelques secondes.

Malgré tout, je garde de bons souvenirs de cette première aventure dans les montagnes gaspésiennes avec l’Amoureux. On pourrait dire que cette randonnée a ouvert l’appétit de ce dernier, qui voulait en voir davantage de ce parc grandiose.

2012

8 janvier 2012

L’année qui conclurait l’ère présente paraît-il.

Qu’attendons-nous pour en profiter alors? Vous savez, juste au cas où après 2012, nous serions confinés dans des abris nucléaires et que nous ne pourrions plus mettre le nez dehors…

Nous avons commencé l’année en beauté en nous achetant des skis de fond, que nous étrennerons sur les pistes du parc de la Gatineau, le paradis du fondeur, rien de moins. Plusieurs soirées de plaisir à la lampe frontale en perspective…

Comme nous avons suffisamment de neige pour faire de la raquette cette année, notre principal terrain de jeu sera le boisé derrière la maison, où nous pouvons facilement explorer pendant plus d’une heure sans revenir sur nos pas! Nous ne l’aurions jamais cru. Mon Amoureux sera d’ailleurs mis au défi pour prendre des photos inspirantes de notre arrière-cour!

Plusieurs randonnées seront au programme, une visite dans les Adirondacks, un voyage à l’étranger, du canot, du camping, et de nombreuses bouffées de grand air, la vraie vie quoi!

Bonne année en plein air!

 

Le bonheur est dans le pré

15 novembre 2011

Le temps doux d’aujourd’hui m’a donné le goût d’écrire sur une escapade estivale. Je suis sous le charme des Cantons de l’Est depuis la première fois où j’y ai mis les pieds. À mon avis, c’est l’endroit idéal pour une aventure de plein air romantique.

Qui dit Estrie, dit près de cinq heures de route pour nous, alors nous avons décidé de faire durer le plaisir et de nous évader pour une longue fin de semaine de quatre jours au début de juillet 2010.  Un peu de recherche sur Internet m’amène à téléphoner Au Diable Vert, où une dame des plus serviables m’explique le fonctionnement de l’établissement et me réserve l’un des terrains de camping offrant la plus belle vue. À l’époque, l’endroit n’avait pas encore attiré l’attention des différents médias s’intéressant au plein air et nous nous y rendions donc sans trop savoir à quoi nous attendre.

Nous avons été conquis dès les premières minutes. Une maison ancestrale dégage un air incroyable, un chien nous reçoit joyeusement, les autres campeurs sont souriants et nous avons un bon présage.

Une fois enregistrés à l’accueil, nous nous emparons d’un chariot pour transporter notre équipement. Aucune voiture ne peut aller plus loin. Conseil d’amie : ne surchargez pas votre chariot, la montée n’est pas des plus facile si on doit tirer 200 livres! Chaque pas s’ouvre sur une vue de plus en plus grandiose.

Le chariot est bien plus léger quand il est vide!

Nous avons littéralement le souffle coupé lorsque nous réalisons que nous aurions droit à ce panorama pendant trois jours. Une vallée, des montagnes et un ciel bleu. Chaque heure du jour offre un paysage différent selon l’orientation du soleil. Les terrains sont éloignés les uns des autres de sorte que nous ayons de l’intimité pour profiter de chaque moment. Il est difficile de décrire le sentiment de bien-être qui nous envahit devant un tel paysage.

Le Diable Vert se distingue des autres endroits par son ambiance, qui est égayée par un troupeau de vaches écossaises. Vous avez bien lu. Au centre du terrain de camping se trouve de magnifiques vaches très attachantes! Un peu bruyantes, mais comment pouvons-nous résister à cet air bête?

Un rappel de l'Écosse...

Nous avions de nombreuses activités prévues pour la fin de semaine. D’abord, le Diable Vert offre une excursion en kayak sur la rivière Missisquoi, un cours d’eau tranquille que nous avons eu beaucoup de plaisir à descendre. Pendant notre transport, le propriétaire de la station de montagne nous a bien divertis par toutes ses histoires de kayakistes qui dépassent le point de rencontre et se rendent jusqu’aux douanes américaines. Apparemment, les douaniers ne sont pas très accueillants…

Nous nous sommes également rendus au Spa des chutes Bolton. Une pause relaxation était méritée. Nous avons énormément aimé l’ambiance qui y régnait et l’originalité des lieux. Si vous êtes de passage dans la région, je vous le recommande fortement.

D’ailleurs, heureusement que nous avons eu la chance de prendre notre douche au spa puisque les douches au Diable Vert étaient très occupées et peu utiles au moment de notre passage. Il faut nous mettre en contexte, nous vivions le début de la grosse canicule de l’été dernier. Le dimanche, lorsque la chaleur était à son comble,  tous les campeurs ont voulu prendre une douche au même moment, juste avant le souper. Nous faisions la file. Comme toutes les douches étaient utilisées, il n’y avait plus de pression d’eau. J’ai eu de la difficulté à mouiller ma débarbouillette pour me laver. Après une journée de vélo de montagne dans la grosse chaleur, j’aurais aimé une bonne douche froide, peu importe le caractère rustique des installations.

C’est tout de même dans ces situations que l’on constate à quel point le climat peut varier en montagne. La veille, il a fait 9 °C pendant la nuit!

La station offre de nombreuses activités et toutes sortes de refuges pour les saisons froides et les amateurs du prêt-à-camper. Je vous invite à consulter son site Web pour de plus amples renseignements.

Nous avons bien l’intention d’y retourner avec notre chien. Peut-être aurons-nous l’occasion d’y aller cet hiver pour une aventure en raquettes ou en ski de fond. Malgré quelques petits désagréments, il y a tellement une belle vue qu’on a vite fait d’oublier les côtés négatifs de l’endroit. L’expérience en vaut certainement le coup!

Pause automnale

26 octobre 2011

Les feuilles sont tombées, laissant place au gris terne. Vous attendez la neige avec l’impatience qui caractérise un enfant espérant les premiers flocons. L’automne fait sans aucun doute perdre de l’éclat aux possibilités de plein air. Vous n’avez pas l’envie de faire le grand ménage ou de peinturer le sous-sol? Je vous comprends.

C’est l’occasion pour vous de refaire le plein avant l’arrivée des fins de semaine de raquette ou de ski. Mais vous me demanderez, où fais-tu le plein toi Stéphanie? Je vous répondrai aux sources, mes amis, aux sources! Comme ceux qui habitaient nos terres bien avant l’arrivée de Jacques Cartier. Dans un tipi, chauffé au poêle à bois, dans une bourgade. Plus précisément à La Bourgade.

Située à Lac-Saint-Paul dans les Hautes-Laurentides, à environ trois heures et demie de route de Gatineau et de Montréal, La Bourgade est le rendez-vous des amateurs de plein air en pause automnale. Puisqu’il fait trop froid pour faire du camping sans équipement d’hiver, pas assez froid pour les sports nordiques, nous nous retrouvons au village de tipis pour une fin de semaine de ressourcement qui facilitera l’attente des flocons.

Je vous raconte notre dernier passage dans ce fabuleux endroit.

Nous partons de Gatineau samedi matin, vers 10 h, afin d’être à Mont-Laurier pour l’heure du dîner. Une fois rassasiés, nous nous rendons à Ferme-Neuve pour faire le plein de provisions pour le souper. La Bourgade me rappelle un peu le principe des auberges de jeunesse. Chacun dispose de son propre tipi, mais une cuisine commune rassemble les convives au centre du village. On y trouve un poêle au gaz, un poêle à bois, des frigos, tous les ustensiles de cuisine nécessaires et une grande salle à manger. La cuisine s’ouvre sur de nombreuses tables extérieures et un immense emplacement pour le feu entouré de nombreuses bûches afin de faciliter les interactions entre les villageois.

À notre arrivée, on nous remet aux bons soins de Richard, qui nous amène à notre tipi, le serpent orange, et nous explique le
fonctionnement du poêle à bois à combustion lente, qui distribue déjà une belle chaleur. Nous aimons les petites attentions de ce genre! Dans le tipi, on trouve également des lits, des couvertures et des oreillers, des chandelles, une glacière contenant de la glace et une petite table. Tout ce dont nous avons besoin pour passer une belle nuit.

L’ultime expérience détente se trouve juste à l’extérieur des palissades entourant la Bourgade, aux abords du lac Marie-Louise. Je vous conseille d’appeler quelques semaines à l’avance pour réserver votre plage horaire pour… les bains nordiques! Je ne peux résister à une telle tentation, surtout quand les installations nous sont réservées exclusivement. En effet, les propriétaires poussent le concept de la détente plus loin que les spas commerciaux. Ils réservent une période de deux heures à chaque groupe de clients. Que vous soyez seul, deux ou sept (nombre maximum de personnes), les installations vous appartiennent pour deux heures. On y trouve un sauna finlandais (sec), un sauna de vapeur, un spa thérapeutique et un lac. Je vous garantis que vous ne trouverez pas sensation plus revigorante qu’un plongeon dans l’eau glaciale du lac en plein hiver. Elle n’est pas non plus des plus chaudes en automne, soit dit en passant.

Une fois les deux heures écoulées, nous retournons vers notre tipi, où nous attendent vins et fromages pour bien clore la journée. Cette fois-ci, nous avons réussi à bien maîtriser la chaleur (facile de perdre le contrôle du poêle à bois dans un tipi) et à passer une belle nuit.

Le dimanche matin, nous nous concoctons un déjeuner de coureur des bois pour reprendre des forces et bien attaquer la semaine à venir, en attendant notre prochaine escapade en raquette à la montagne du Diable de Ferme-Neuve et notre retour à la Bourgade en hiver.

Pour deux personnes, vous pouvez compter environ 140 $ pour une nuit en tipi (qui comprend l’accès aux canots) et deux admissions aux bains. Moyennant quelques coûts supplémentaires, vous pouvez également vous faire dorloter par un massothérapeute.

Les quelque quatre heures de route pour se rendre à La Bourgade valent amplement le coup. De quoi mettre un baume sur le cœur des amateurs de plein air l’instant d’une fin de semaine automnale tristounette.

Le réservoir Poisson Blanc

14 octobre 2011

Le Poisson Blanc est un joyau bien gardé de l’Outaouais. Il s’étend sur plus de 30 km, de quoi plaire amplement aux plaisanciers! Nous avons entendu parler du Réservoir par un ami fervent de pêche. Ce que nous avons découvert est sans égal : un énorme plan d’eau offrant des centaines de sites de camping sauvage gratuits. Il faut bien entendu une embarcation pour s’y rendre, mais il est possible d’en louer à deux endroits. À environ une heure et quart de Gatineau se trouve le Camp Air-Eau-Bois, qui assure la location de canots et le stationnement, moyennant des coûts très raisonnables. Vous pouvez y garer votre voiture si vous possédez déjà votre embarcation.

Une fois tout votre équipement à bord, le principe est simple : premier arrivé, premier servi. Il y a plus de 80 îles dans le réservoir, et il est possible d’avoir une île à vous pour aussi longtemps que vous le voulez. Ne suffit qu’à la trouver et à en faire vôtre. Le coin est connu des adeptes de plein air aguerris, des pêcheurs et des plaisanciers, mais nous estimons qu’il est encore possible de s’y retirer en toute tranquillité.

Le calme

Notre île

À noter, le stationnement ferme ses portes à 20 h. Si vous décidez de partir après le travail, vous feriez mieux de bien calculer votre temps. Il faut tout de même une bonne demie heure de canot avant de repérer des endroits intéressants où jeter la tente. L’effort sera toutefois récompensé, d’un côté vous aurez droit à la lune plombant sur le lac, de l’autre au soleil couchant.

Lever de lune

À l’autre bout du réservoir, plus précisément à Notre-Dame-du-Laus, se trouve le Parc régional du Poisson Blanc. Une équipe dynamique travaille à la promotion d’une offre touristique accessible au public. Elle nous réserve de plus en plus de développements et d’activités. Rendez vous au Bastion, la maison d’accueil, pour réserver un canot ou un kayak, entre autres, ou choisir votre emplacement de camping. De ce côté du réservoir, les emplacements sont bien délimités et mieux aménagés que ceux totalement sauvages du côté Sud. Le Parc offre également des tentes prospecteur pour davantage de confort.

Nous n’avons pas encore exploré le côté lac du Parc régional Poisson Blanc, mais nous avons eu l’occasion de sillonner les sentiers de randonnée pédestre. Nous avons eu droit à une vue à couper le souffle de tout le réservoir. Spectaculaire. Au départ d’une superbe plage sablonneuse aux abords de la rivière du Lièvre, les randonneurs ont la possibilité de longer la rivière pour ensuite remonter la montagne où ils pourront s’arrêter pique-niquer au belvédère.

Panorama automnal

Pour l’instant, 5 km de sentier ont été aménagés, et ils valent le détour. Nous comptons bien y retourner cet hiver pour admirer le paysage hivernal.

Notre chien Chinook a également beaucoup aimé tous ses passages au lac Poisson Blanc, où les chiens sont permis!

Dans la catégorie des indispensables

26 septembre 2011

Quelqu’un m’a dit un jour (en bon Québécois) : « Je n’ai pas le moyen de m’acheter de l’équipement cheap ». Sur le coup, je n’ai pas nécessairement réalisé qu’il avait plus que raison. Après quelques expériences douteuses minées par des désagréments de vêtements trop chauds, de chaussures qui font des ampoules ou de tente qui prend l’eau, j’ai appris.

J’ai commencé à acheter de l’équipement de qualité. Des chaussures de randonnée, une tente conçue dans un matériau imperméable et respirant, un sac à dos qui se moule bien à mes épaules, une lampe frontale, etc. Je me suis équipée un morceau à la fois, selon les activités au programme et mes besoins. Rien ne sert de se lancer dans des dépenses faramineuses et tout acheter en même temps.

Mon dernier achat judicieux : de nouveaux bâtons de marche. J’ai découvert les bâtons il y a quelques années. J’avais jugé utile de les avoir pour ma toute première randonnée dans les Adirondacks. Comme je ne m’étais pas vraiment informée, j’ai acheté des bâtons bon marché. Je m’en suis vite rendue compte quand ils m’ont fait défaut en descendant d’une énorme roche. J’ai encore une cicatrice sur le coude qui me rappelle que j’achèterai dorénavant de l’équipement sur lequel je pourrai compter.

Je me suis donc rendue chez MEC, où le service est toujours impeccable et courtois. Je souhaitais acheter des bâtons dont le mécanisme télescopique serait facile à ajuster avec des mitaines. On oublie donc les mécanismes qu’il suffit de tourner pour allonger les bâtons. L’hiver, c’est froid sur les doigts! Le jeune homme m’a sans hésitation recommandé les bâtons Trail Shock de Black Diamond.

J’ai eu l’occasion de les mettre à l’épreuve à l’occasion de notre randonnée de trois jours sur le sentier du Fjord et je vous confirme qu’ils passent le test! Ils sont faciles à ajuster, la poignée est très confortable et le système de suspension rend sans doute la longue randonnée plus agréable.

Toujours en vue de notre première longue randonnée, nous nous sommes munis d’un filtreur à eau. Il n’était pas question que nous transportions de l’eau pour trois jours. Une quarantaine de livres sur notre dos, c’était déjà suffisant. Je sais qu’il se vend toute sorte de pastilles pour purifier l’eau, mais nous voulions un filtreur qui nous servirait longtemps. Nous avons opté pour le système de purification SweetWater de MSR.

Compact, léger et très efficace, le purificateur est une bénédiction. Pourquoi s’embarrasser de plusieurs litres d’eau? Il est idéal pour les activités d’une journée, comme pour les plus longs séjours, et il est possible de l’utiliser sans crainte au Canada et aux États-Unis. Le système ne filtre toutefois pas les virus alors il n’est pas recommandé de s’en servir dans des pays où l’eau pourrait être infestée de bactéries.

Il y a de nombreux gadgets qui ne sont pas utiles en plein air. Il faut faire de bons choix, il faut s’informer et souvent il faut faire des essais et des erreurs pour connaître ses besoins au fil du temps. Si j’avais un conseil à donner à tout apprenti du plein air, c’est de ne pas hésiter à acheter de la qualité. Ainsi, rien ne viendra obscurcir des expériences qui se veulent exaltantes, relaxantes et bénéfiques pour votre santé!

Jamais deux sans trois, ou après la pluie, la pluie?

15 septembre 2011

Le mariage de nos amis à La Baie, au Saguenay, nous donnait l’occasion de visiter cette belle région. Tant qu’à faire huit heures de route, aussi bien vivre le Saguenay pour la peine. Pour des amateurs de plein air, l’évidence s’est rapidement manifestée : le sentier du fjord, dans le Parc national du Fjord-du-Saguenay.

Trois jours de randonnée, deux nuits en plein nature, sur le bord du majestueux cours d’eau bordé de falaises portant l’histoire de la région. Les dernières vacances de l’été promettaient d’être le séjour de ressourcement par excellence.

Vous vous doutez que ce ne fût pas tout à fait le cas… Si vous êtes comme nous, quelques jours avant le grand départ, vous commencez à consulter la météo, même si les probabilités qu’elle change vingt fois entre temps sont très grandes. Au début, vous vous montrez positif en vous disant qu’il est fort probable que les conditions annoncées changeront. Plus le temps passe, plus votre positivisme diminue. Les prévisions nous annonçaient quatre jours de pluie.

Nous sommes arrivés à La Baie sous un beau soleil. Le fjord, il est magnifique. Pour une demoiselle de la Gaspésie en grand manque d’air salin, c’est une bénédiction.  Nous avons eu droit à une touchante cérémonie de mariage sur fond de ciel bleu et de brise marine. Tout négativisme météorologique s’était effacé de nos esprits.

Le fjord du Saguenay à la hauteur de La Baie

Après une nuit relativement courte, nous avons sonné le départ vers Sacré-Cœur, qui se trouve à environ deux heures de route de La Baie. Le ciel se couvre à mesure que nous approchons. Le « frais » s’installe, la pluie s’intensifie et l’orage se profile.

C’est à ce moment que vous devez savoir que nous partions en randonnée-camping, c’est-à-dire qu‘il nous faudrait dormir dans une tente, sous la pluie, à une température frôlant le point de congélation. Nous sommes bien équipés, nous aimons le plein air, mais à ce point-ci, je dirais que nous ne sommes pas si téméraires.

Première escale, nous nous arrêtons au Centre de découverte pour modifier notre réservation. La chance nous sourit; il reste quelques places en refuge. Nous en profitons pour modifier un peu notre itinéraire de sorte que nous n’avons que trois kilomètres à faire le premier jour. Nous avons eu recours au service de navette offert par la Ferme 5 étoiles, qui a conduit notre voiture jusqu’à Tadoussac où elle nous attendait à la fin du sentier.

Nous prenons donc notre départ à l’Anse-de-Roche. Sous la pluie, les trois kilomètres nous séparant du refuge nous ont semblé quelque peu difficiles. Il faut dire que nous n’étions pas au sommet de notre forme et qu’une bonne nuit de sommeil s’imposait.

Nous avons été agréablement surpris par les refuges, auxquels je donne certainement 5 étoiles! Les refuges comptent six chambres équipées de deux lits simples, des tables et des chaises pour tous les occupants, un poêle à bois, deux lavabos (sans eau courante) et une toilette sèche, qui est située plutôt loin du premier refuge, mais c’est un moindre mal. Il y a un point d’eau (non potable) à proximité. Ces refuges sont installés à flanc de falaise où la vue du fjord est phénoménale. Si seulement, on avait pu en profiter un peu…

La vue de l'un des refuges sur le sentier du fjord

Sur une note plus positive, nous avons adoré l’expérience des refuges communs. Nous avons rencontré une famille des plus intéressantes (je suis toujours ravie de voir des ados qui aiment le plein air), des amoureux québécois/français qui se sont rencontrés à Londres, en Angleterre, et deux Françaises qui se sont rencontrées au Québec! Les refuges donnent lieu à des échanges passionnés et à de belles rencontres.

Deuxième jour de randonnée, encore de la pluie. Le mauvais temps ne nous empêche jamais de faire nos activités, mais il joue sur le moral. C’est un peu dommage d’avoir hâte d’arriver à destination alors que nous aurions dû prendre tout notre temps pour admirer le paysage, que nous n’avons pas vu de toute la journée. Quatorze kilomètres dans la pluie et le brouillard augmentent la difficulté du sentier. Nos bâtons de marche se sont avérés indispensables.

Le brouillard sur le fjord

Le deuxième refuge était similaire au premier. Nous avons profité du calme et de la présence de seulement deux autres personnes pour se mettre au lit tôt. Deux jours sans accès à Internet nous laissaient espérer entrevoir le soleil le lendemain!

Finalement, jamais deux sans trois et après la pluie, la pluie. Nous avons fait les douze derniers kilomètres dans des ruisseaux, rien
de moins. La dernière partie du sentier est une descente assez abrupte que nous avons trouvée particulièrement difficile dans l’eau et la boue. Nous sommes des randonneurs relativement aguerris, mais nous avons tout de même mis près de six heures pour parvenir au fil d’arrivée.

Au milieu de la descente dans le brouillard

Nous avons débouché sur Tadoussac empreints d’émotions mitigées. Fiers d’avoir accompli ce défi physique et frustrés de ne pas avoir vu le fjord en trois jours.

Nous nous sommes engagés sur le chemin du retour en nous arrêtant à Baie-St-Paul pour une bonne bière au Saint-Pub de la MicroBrasserie Charlevoix. Mention spéciale à la rousse, que j’ai descendue sans trop de difficulté après notre périple en forêt!

Les détails techniques dans le prochain blog!